Savoirs endogènes, techniques innovantes et gestion des pathologies du cacao: Cas de Téapleu (ouest de la Côte d’Ivoire)
Siaky Motihé Kamara
Оригинальная аннотация
La cacaoculture constitue un pilier majeur de l’économie ivoirienne, mais sa durabilité est fortement compromise par la recrudescence des pathologies végétales, qui réduire les rendements avec des pertes de 30% à 45% de la production (CNRA, 2009). Dans ce contexte, la mobilisation des savoirs endogènes apparaît comme une ressource importante pour la gestion des maladies, aux côtés des techniques innovantes promues par les institutions agricoles. Cette étude vise à analyser les interactions entre savoirs locaux et innovations techniques dans la gestion des pathologies du cacao à Téapleu, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Elle s’inscrit dans une approche qualitative fondée sur des entretiens semi-directifs réalisés auprès de 60 acteurs. Les données recueillies ont fait l’objet d’une analyse de contenu thématique. Les résultats montrent que les producteurs disposent d’une connaissance empirique approfondie des principales maladies du cacao, acquise à travers l’observation quotidienne des plantations et la transmission intergénérationnelle des savoirs. Ils mobilisent des terminologies locales telles que « cacao fatigué » ou « champ gâté » pour désigner les pathologies observées. Les pratiques endogènes de gestion reposent principalement sur l’élimination manuelle des parties infectées, la taille sanitaire des arbres et l’utilisation de pièges chromatiques. Toutefois, face au Swollen Shoot, les producteurs privilégient souvent la conservation des arbres infectés en raison des risques économiques associés à leur abattage. L’étude met également en évidence les limites des dispositifs institutionnels d’accompagnement, caractérisées par l’insuffisance de l’encadrement technique, le coût élevé des intrants et la faible accessibilité des plants améliorés. Cocoa farming is a major pillar of the Ivorian economy, but its sustainability is severely threatened by the resurgence of plant diseases, which reduce yields by 30% to 45% (CNRA, 2009). In this context, the mobilization of local knowledge appears to be an important resource for disease management, alongside the innovative techniques promoted by agricultural institutions. This study aims to analyze the interactions between local knowledge and technical innovations in the management of cocoa diseases in Téapleu, in western Côte d’Ivoire. It employs a qualitative approach based on semi-structured interviews conducted with 60 stakeholders. The collected data underwent thematic content analysis.The results show that farmers possess in-depth empirical knowledge of the main cocoa diseases, acquired through daily observation of their plantations and the intergenerational transmission of knowledge. They use local terms such as “tired cocoa” or “spoiled field” to describe the observed symptoms. Local management practices rely primarily on the manual removal of infected parts, sanitary pruning of trees, and the use of color traps. However, when faced with Swollen Shoot, farmers often choose to keep infected trees due to the economic risks associated with cutting them down. The study also highlights the limitations of institutional support mechanisms, characterized by insufficient technical guidance, the high cost of inputs, and limited access to improved seedlings.
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Canonical: https://research.holos.house/w/9a4af7db-99c8-43d9-8ab7-71f0bbd6d944
DOI: 10.4314/akiri.v4i3.69